Cap Vert – Tarrafal de Santiago

Santiago est l’île la plus grande et la plus proche des côtes africaines. C’est ici que se trouve la capitale, Praia (qui veut dire plage, plutôt sympa comme nom de ville). De ce que nous avons pu voir, la population est moins métissée qu’à Santo Antao et Sao Vicente, et l’ambiance carrément plus africaine. On s’entasse dans des minibus au milieu des mamans en boubou avec des poules sur les genoux, les gens parlent (très) fort et conduisent (beaucoup trop) vite… ça change de l’ambiance douce et paisible des deux précédentes îles.

Nous avions prévu de passer une semaine à Santiago, mais une annulation de vol nous a contraint à restreindre notre séjour sur cette île. Nous avons donc du nous contenter de 2 jours à Tarrafal, petite station balnéaire du nord de l’île où les touristes européens cuisent sur le sable blanc au milieu des vendeuses de noix de coco et des rastas en slip de bain qui enchaînent les jongles à la brésilienne mieux que Ronaldinho.

La minute historique : le bagne de Tarrafal

A l’époque de la colonisation portugaise (jusque dans les années 70), Tarrafal était tristement connu pour son bagne. L’emplacement avait été choisi pour ses paysages arides sensés déprimer les prisonniers et leur passer l’envie de s’enfuir. Des opposants au régime et des anticolonialistes principalement africains y étaient parqués dans des conditions terribles : aucun accès à l’hygiène, aux soins, alimentation infame et insuffisante, châtiments atroces, chaleur insoutenable sous les toits de tôle… Tout était fait pour que les prisonniers meurent de “mort naturelle”, emportés par les épidémies. Après l’indépendance, le bagne a été recyclé en caserne, puis abandonné et squatté, avant de devenir un musée.

Le village et la plage

A vrai dire Tarrafal est plus une petite ville qu’un village. On y trouve un grand marché couvert, qui vend surtout du textile africain et des bricoles du quotidien. Comme dans toutes les villes que nous avons visité, on trouve également de nombreux commerçants chinois, et des petits supermarchés à l’européenne. Mais le gros atout de Tarrafal d’un point de vue touristique, c’est surtout sa plage de sable blanc abritée des alizés, ses cocotiers et son port de pêche très animée. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que des pêcheurs se sont installés ici : sous l’eau, ça grouille de vie. Nous avons logé à la pensao Sol y Luna, dans une chambre assez basique mais c’était trop chouette de prendre le petit déjeuner sur la terrasse du restaurant au bord de la plage. Le soir nous avons assisté à un concert de batuku, un autre style musical du Cap Vert, moins connu et beaucoup plus rythmé que la morna de Cesaria Evora. En bref, Tarrafal était l’endroit idéal pour terminer de façon plus que décontractée notre voyage.

La route de Tarrafal à Praia

De nombreux minibus relient Praia et Tarrafal. C’est une expérience assez unique : tout le monde s’entasse au milieu des sacs de riz et des poules, et on sert les fesses dans les virages. Nous sommes descendus à Assomada, un peu parce que c’était jour de marché et qu’on voulait voir ça, et aussi beaucoup parce qu’on espérait avoir un chauffeur plus détendu sur la deuxième partie du trajet… Mauvais pari, c’était encore pire !

Le marché d’Assomada est plutôt folko. De ce qu’on a pu voir, on y vend surtout des meubles (en tout cas le jour de notre passage). L’intérêt réside surtout dans les abords du marché, où des petites échoppes servent de la cachupa et de la feijoada (sortes de cassoulet cap verdien). Des bouchers exercent leur métier au bord de la route, où des cochons se font découpés au milieu des passants et des voitures et des poules qui courent dans tous les sens.

Cap Vert – Sao Vicente

Située au nord de l’archipel, Sao Vicente en est l’une des plus petites îles. Son chef-lieu est Mindelo, deuxième ville du pays en nombre d’habitants (environ 70000) et considérée comme sa capitale culturelle. C’est une étape obligatoire pour accéder aux randos magnifiques de Santo Antao. Ce fut également l’occasion d’une escale plage et culture un peu forcée (vol annulé) au milieu de notre voyage. Sans regrets : nous avons pu découvrir d’un peu plus près la vie quotidienne locale.

Mindelo

Mindelo est notamment connue pour être la ville d’origine de Cesaria Evora et pour son carnaval qui attire chaque année de nombreux touristes. Le port de Mindelo est une escale importante dans les croisières transatlantiques. Son immense (et magnifique) baie abritée est la dernière étape avant l’Amérique. On y croise de nombreux marins du monde entier et des bateaux de toutes tailles, de la barque de pêcheur aux cargos. Le centre ville minuscule se découvre facilement à pied, et contient quelques beaux batiments coloniaux dans des états divers. En périphérie, des bâtiments plus récents de toutes les couleurs égaient les rues de leur douces teintes pastel. Le street art est également très présent, ainsi que des fresques à vocation pédagogiques avec des messages principalement environnementaux. On retrouve ces fresques souvent peintes par les enfants des écoles dans toutes les villes et villages où nous sommes passés.

La plage de Laginha est la principale plage de la ville. On y retrouve une ambiance de Copacabana miniature : sportifs, couples, touristes… s’y retrouvent sur le sable blanc et les plus courageux se baignent même dans ses vagues. Le soir, de nombreux bars et restaurants en fond un secteur animé.

La plage de Laginha, en semaine et en “hiver”.

Les marchés de Mindelo

Le marché de Mindelo est également un spectacle permanent. Des femmes taillées comme des lutteurs, coiffées de bandana y portent sur la tête des paniers de fruits et légumes qui paraissent particulièrement lourds. Au marché aux poissons, les pecheurs déchargent directement depuis leurs barques d’énormes thons, mérous de toutes les couleurs et toutes sortes d’autres poissons, qui sont immédiatement découpés au milieu des chiens qui attendent qu’on leur jettent leur part.

Plus loin, le marché couvert se distingue par son calme. Nous y sommes allés plusieurs fois, à des heures différentes, mais sans jamais y trouver l’effervescence que nous imaginions. On y vend notamment des produits transformés : paniers en osiers et matériaux de récupération, confitures de papaye, goyave ou mangue, mel (mélasse de canne à sucre servant notamment à la fabrication du ponche do mel, sorte de rhum arrangé, et aux bolos do mel, biscuits qu’on trouve un peu partout). Enfin la dernière partie du marchée est occupée par des petites boutiques d’artisans et des marchands de tissus et souvenirs venus du continent (Sénégal et Guinée notamment).

A Mindelo nous avons passé 3 nuits au Si Ma Bo Hostel, situé dans un quartier résidentiel entre le centre ville et la plage de Laginha. C’est une auberge de jeunesse tenue par Silvia, une italienne exubérante et très accueillante, dont les bénéfices financent une association de protection des animaux des rues. Le soir où notre vol a été annulé, toutes les chambres étaient occupées. Nous avons été hébergés dans les locaux de l’association où nous avons passé la soirée entourés de chatons beaucoup trop mignons… Merci Si Ma Bo ! Le site web de l’asso : https://simabo.org/

Le reste de l’île

L’île est petite et bien desservie en aluguers (minibus). Pour des raisons d’annulation de vol nous avons du y rester un peu plus longtemps que prévu. Les paysages assez lunaires ne sont pas particulièrement variés : la végétation basse et épineuse est assez rare. Quelques villages et plages bordent la côte et sont surtout réputés pour le surf, le kitesurf et la planche à voile. Nous y étions en novembre, en pleine saison des alizées, et c’est clair que ça souffle !

Nous avons visité le village de Baia das Gatas (baie des gatas, sortes de petits requins innofensifs). Nous espérions y faire du snorkeling, mais les conditions étaient plutôt propice aux sports de glisse ce jour là. L’été ce doit être plus sympa, d’ailleurs c’est à Baia das Gatas qu’à lieu le plus gros festival de musique de l’archipel et apparemment, c’est quelque chose.

Sao Pedro

Nous avons également visité le village de Sao Pedro. Ce village n’était pas mentionné dans notre guide touristique et nous a été conseillé par un volontaire de Si Ma Bo. Sa grande plage est pourtant magnifique, pratiquement déserte à cette période de l’année. De plus, la proximité de l’aéroport permet d’observer des atterissages d’avion tout en se baignant, ce qui est plutôt inhabituel. Des entrepreneurs locaux ont mis en place des tours en barque pour aller voir les tortues de mer. Malheureusement ils pratiquent le feeding (nourrissage d’animaux sauvage pour les appâter), ce qui n’est pas une super pratique… De toute façon pas besoin d’aller loin pour voir des tortues : elles viennent d’elles-même à quelques mètres du rivage. On y observe également des poissons trompettes, mérous et autres espèces de toutes les formes et couleurs qui pulullent dans les coraux. Belle découverte !

Cap Vert – Santo Antao

Santo Antao est l’île la plus au nord de l’archipel. C’est également la plus isolé : son petit aéroport a fermé en 2012 pour des raisons de sécurité et c’est la seule île de l’archipel accessible uniquement par la mer. La traversée depuis Mindelo est d’ailleurs assez épique, la mer étant plutôt formée. Au moment du départ, les employés de la compagnie maritime distribuent des sacs en plastique pour vomir, ce qui mets dans l’ambiance… L’isolement de l’île et son relief particulièrement chaotique rendent l’île un peu moins développée économiquement que le reste de l’archipel. L’agriculture, principalement vivrière, est sa principale ressource. Cette particularité la rend très attractive pour les touristes à la recherche d’authenticité et de paysages naturels spectactulaires, et depuis quelques années l’éco-tourisme et la randonnée s’y développent. Cerise sur le gateau, le grog (nom cap verdien du rhum) de Santo Antao est réputé être le meilleur de l’archipel 😉

Porto Novo

Depuis la fermeture de l’aéroport, l’arrivée à Santo Antao se fait obligatoirement par le port de Porto Novo, plus grande ville de l’île (environ 10000habitants), sur la côte sud. C’est une jolie petite ville aux façades multicolores, et aux barques de pêche abritées du soleil sous les tamariniers. La ville, plutôt calme, s’anime à l’arrivée des ferrys. Les chauffeurs de pickup et minibus se pressent alors à la sortie du bateau pour déposer leurs passagers et en chercher de nouveaux. Des vendeurs de fruits et légumes déploient leurs étals de mangues, noix de coco, papayes et autres. L’effervescence dure quelques dizaines de minutes et une fois tous les voyageurs embarqués dans les pickups et minibus, l’atmosphère retombe, les vendeurs replient leurs étals et disparaissent, et seuls le bruit des vagues, le vent et une musique venant d’une fenêtre ouverte troublent le silence.

Arrivée à Porto Novo depuis le ferry

Tarrafal de Monte Trigo

Nous avions rendez-vous avez un conducteur de pickup pour nous rendre à Tarrafal de Monte Trigo, village mythique de Santo Antao. Tarrafal est situé à l’extrémité ouest de l’île dans une baie protégée du vent par les 1979m du Tope da Coroa, le plus haut sommet local. Ce petit village de quelques centaines d’habitants, pratiquement tous pêcheurs ou agriculteurs, est le dernier endroit habité par des humains avant l’Amérique.

Si Tarrafal est si réputé, c’est justement pour son côté bout du monde. D’autant plus qu’il n’est connecté à la civilisation que par une piste praticable uniquement en 4×4, qui traverse les hauts plateaux de l’île peuplés uniquement de quelques bergers et leurs chèvres qui paissent dans un paysage absolument lunaire. Après 3h sur la plateforme d’un pickup à manger de la poussière dans le froid des hauts plateaux, on est content de trouver la douceur de Tarrafal.

Au premier abord, ce village ne nous a pas du tout séduits. Plutôt le contraire : sa réputation en a fait un lieu de prédilection du tourisme « vert », et les écolodges et restaurants « authentiques » pour riches européens fleurissent le long de la plage. Au début, on se sentait un peu observés par les locaux, mais pas non plus à l’aise avec les autres touristes, plutôt des « vieux riches » venus ici pour se reposer entre eux. Finalement grâce à Rui, homme à tout faire de notre gite qui parlait super bien français et nous a un peu guidés dans le Tarrafal « caché », et David, gérant du club de plongée avec qui nous avons fait un baptême et qui nous a mis en contact avec des pêcheurs pour une sortie en mer, nous avons trouvé nos marques et nous nous sommes finalement sentis super bien dans ce petit village.

La plupart des touristes qui viennent à Tarrafal pratiquent les activités suivantes :

-plongée / snorkeling 

-randonnée entre Tarrafal et le village de Monte Trigo, accessible uniquement à pied par un sentier qui longe la côte (environ 3h30 de marche) et retour par la mer en bateau-taxi

-randonnée entre Tarrafal et le village de Monte Trigo, accessible uniquement à pied par un sentier qui longe la côte (environ 3h30 de marche) et retour par la mer en bateau-taxi

Nous n’avons pas fait la balade de Monte Trigo, mais une autre qui remonte la Ribeira de Tarrafal par un sentier, puis en marchant sur des canalisations… C’est folklo, mais pas trop recommandé pour les personnes sensibles au vertige, ni par temps humide, ni en claquettes…

La route de Corda

La route de Corda est une ancienne route pavée reliant Porto Novo sur la côte sud à Ribeira Grande au nord, en passant par les sommets de l’île. Cette route magnifique passe par pratiquement tous les paysages de l’île : champs de pouzzolane (roche volcanique servant de matériau de construction), cultures en terrasse, forêt de conifères et vallée humide et luxuriante. Depuis la construction de la route cotière, celle de Corda n’est plus empruntée que par les touristes et les quelques habitants des villages des montagnes. La plupart des chauffeurs de pickup font la route en 1h, mais nous avons eu la chance de tomber sur Leny, ancien technicien agricole reconverti qui nous a fait la version touristique avec explication de paysage et arrêts à tous les points de vue.

Santo Antao – Nord

Les villes : Ponta do Sol, Ribeira Grande

Ponta do Sol (la pointe du soleil), est la ville située à l’extrémité nord de l’île. C’est ici qu’atterrissaient les avions avant la fermeture de l’aéroport. Aujourd’hui, c’est une petite ville touristique où des hôtels un peu vieillots cohabitent avec des petites maisons colorées le long d’un port où des barques de pêche multicolores attendent de prendre la mer. Ponta do Sol a un côté assez charmant, à la fois touristique mais sans que cela ne semble trop altérer les relations entre les locaux et les étrangers, et les soirées s’écoulent dans une lenteur de bout du monde, au rythme mélancolique des guitares et cavaquinhos, des verres de ponche bus sur des chaises en plastique devant la maison, à peine perturbées par des coupures d’électricité.

Bien que ce soit l’endroit le plus facile pour trouver un hébergement dans le secteur, ce n’est pas forcément l’idéal ensuite pour randonnée : la plupart des minibus partent de Ribeira Grande, la « grande ville » locale située sur la côte, et remontent ensuite les vallées vers les différents villages. Ribeira Grande n’est pas vraiment touristique, pourtant elle a une atmosphère qui respire l’authenticité et de jolis bâtiments coloniaux. Curiosité locale : le village de Sinagoga, ancienne colonie de juifs du bout du monde.

Randonnées dans la vallée de Paul, ribeira do Figueiral et Fontainhas

Nous avons fait deux randonnées dans le secteur : la randonnée de la vallée de Paul, qui part du cratère embrumé de Cova sur les hauteurs de l’île et descend jusqu’à Pontinha da Janela, terminus des bus. Ce tronçon est magnifique mais malheureusement très touristique : nous n’avons pratiquement jamais été seuls sur le chemin. Nous avons décidé de prolonger la rando en suivant notre instinct et des sentiers qui nous ont mené dans la ribeira do Figueiral, vallée parallèle à celle de Paul, tout aussi verdoyante (canne à sucre, caféiers, ignames, bananiers…) mais tellement moins fréquentée que nous n’y avons croisé que quelques agriculteurs à l’heure du repas des cochons, dont nous avons appris le petit nom créole (tchouk).

La longue descente de la vallée nous ayant bien cassé les pattes, le jour suivant nous nous sommes contentés d’une balade plus tranquille le long des falaises volcaniques de la côte nord, de Ponta do Sol à Formiguinhas en passant par le magnifique village de Fontainhas pour oxygéner nos jambes courbaturés. Roche noire, ocre et rouge, mer bleue, maisons multicolores et quelques touches de vert : c’était court mais on en a quand même pris plein les yeux.

Une balade à vélo en Bretagne

A la base on avait prévu de faire un grand voyage à vélo cette année, mais la période étant un peu particulière, il était difficile de planifier où nous allions passer nos prochaines vacances. La famille étant en Bretagne, c’était l’occasion de passer dire bonjour, et puis ça faisait un moment qu’on n’avait pas passé du temps dans la région. Les escales chez la famille et les amis ont un peu haché les étapes… Sans parler des pauses creperies et des chouettes plages ! Bref, au final on a pas roulé tant que ça, mais c’était cool.

L’itinéraire à vélo

Nous sommes partis de Lorient et nous avons plus ou moins longé la côte jusqu’à Lannion. Puis nous sommes revenus par l’intérieur des terres et la voie verte de Morlaix à Rosporden. En 6 jours de vélo nous avons roulé environ 470km (sans compter les détours), et grimpé 4300m de dénivelé, avec des journées moyennes de 78km et 718m de dénivelé. Nous avons roulé à 25% sur des chemins, et à 75% sur du bitume (principalement des petites routes pratiquement désertes). Et nous avons fait des pauses baignades pratiquement tous les jours 🙂

En dehors de la trace présentée sur la carte ci-dessous, nous avons également passé une journée sans sacoches à nous perdre sur les petites routes et chemins autour de Lannion. Nous n’avons pas enregistré notre trace et serions bien incapable de dire par où nous sommes passés et la distance que nous avons parcourue, mais c’était super chouette.

Ayant choisi notre destination la semaine précédant le départ, nous avions calculé un itinéraire “à l’arrache” sur Komoot à partir des endroits sympas que nous connaissions, de ceux qu’on avait envie de découvrir et des étapes pour visiter la famille. Au final on s’est souvent retrouvés à rouler sur la véloroute littorale, et on a un peu laché notre GPS pour suivre les panneaux et notre instinct.

Voir en plein écran

La véloroute littorale

La véloroute littorale est un réseau d’itinéraire cyclables qui a pour vocation de faire le tour de la Bretagne par la côte. A l’été 2020, l’itinéraire n’était pas complet, mais les portions réalisées étaient vraiment super : très bien balisées, et surtout itinéraire très sympa par des petites routes et des chemins. Rien à voir avec les autoroutes à vélo parfois monotones comme la Viarhona ou le canal de Nantes à Brest.

Si c’était à refaire, on prévoierait un peu plus de temps et on se contenterait de suivre cette véloroute là où elle existe, en gardant le GPS pour les tronçons pas encore aménagés (mais qui le seront certainement bientôt).

Page de la véloroute littorale sur le site de france vélo tourisme.

La véloroute 7 de Morlaix à Rosporden

Rallier la côte nord et la côte sud en train en Bretagne, qui plus est avec des vélos, peut parfois s’avérer compliqué. Comme il nous restait un peu de temps, nous avons choisi de rentrer à Lorient par la véloroute 7, qui traverse la Bretagne du nord au sud de Morlaix à Concarneau, en passant par la gare de Rosporden où nous avons pris le train pour rentrer. Cette véloroute est une ancienne voie ferrée dont certaines gares ont été aménagées pour servir d’étapes. Comme les voies ferrées, c’est malheureusement très rectiligne, bordé d’arbres qui masquent la vue, et plat. C’était d’une telle monotonie que nous avons parcouru les plus de 100km en une traite alors que nous pensions prendre notre temps sur deux jours.

La seule photo prise sur la véloroute 7

Les étapes incontournables

De Lannion à Morlaix

Les paysages sont tout simplement magnifiques, et en septembre nous avions pratiquement la route pour nous. Cerise sur le gateau : nous avons roulé quelques dizaines de metres en compagnie d’une buse qui volait à quelques mètres seulement de nous, c’était magnifique. C’est aussi la seule étape où nous n’avions pas prévu à pic nic et la seule où nous avons eu un peu de mal à trouver où manger…

De l’usine de galets de Treguennec à la pointe du Raz

L’usine de galets de Treguennec, située dans la baie d’Audierne, a été construite par les nazis pour extraire et concasser des galets qui servirent ensuite à la construction des bunkers du mur de l’Atlantique. Aujourd’hui, c’est un spot de surf et de street art perdu au milieu de nulle part et il s’en dégage une atmosphère vraiment particulière, surtout à cette période de l’année où la saison touristique touche à sa fin et où nous sommes pratiquement seuls.

La route longe ensuite la côte jusqu’à Audierne en enchainant les montées et les descentes avec une vue magnifique. Avec la lumière du soir et le soleil qui se couche petit à petit dans la mer, c’est juste magnifique.

Audierne est un joli port de pêche à l’embouchure d’une ria (estuaire), comme souvent en Bretagne. A partir d’ici, la route traverse le cap Sizun jusqu’à la pointe du Raz, en passant par des petits villages, déserts à cette période de l’année.

La pointe du Raz est un passage réputé parmi les marins pour sa difficulté, avec de nombreux rochers, des courants très forts et des tempêtes qui peuvent être violentes. Lors de notre passage il n’y avait pas le moindre vent (chose rare), et nous avons bien pu profiter de la vue sur l’île de Sein, la presqu’il de Crozon et la baie d’Audierne. On y a même vu des dauphins et une baleine.

Les autres lieux sympa

Quimper, Pont Aven, la côte sud

Morlaix

Lannion et la côte de granit rose

Douarnenez

Autour de la presqu’île de Crozon

Nous connaissions déjà la presqu’île et nous n’avions pas suffisamment de temps pour profiter vraiment de ses paysages. Nous avons donc rallié la baie de Douarnenez à la rade de Brest, en passant autour de la presqu’île.

Tenerife – Parc National du Teide

Le Teide est une montagne de records. Du haut de ses 3718m, c’est le plus haut sommet d’Espagne, de l’océan Atlantique et le 3e plus haut volcan marin au monde. L’ancien cratère s’est effondré lors d’une précédente éruption, laissant place à une vaste caldeira, les cañadas du Teide : un plateau à plus de 2000m au dessus de la mer couvert de champs de lave, de canyons et rochers aux formes étranges. On se croirait sur Mars. D’ailleurs, c’est ici qu’un observatoire international a été installé pour observer les étoiles en 1964. Pas pour l’ambiance de science fiction du site, mais plutôt pour son ciel clair, dégagé et sans pollution lumineuse.

L’ascension du Teide nécessite un permis, qu’il faut demander plusieurs semaines à l’avance, avec un nombre de places restreints par jour. Elle peut se faire à pied (pour les bons marcheurs quand même), ou par un téléphérique. Notre plan initial était de passer la nuit au refuge Altavista situé à 3250m d’altitude et accessible par le téléphérique. Le lendemain nous aurions effectué l’ascension un peu avant le lever du soleil, pour pouvoir admirer l’ombre du volcan se projeter sur la mer de nuages. Malheureusement lors de notre passage, les conditions climatiques n’étaient pas favorable (tempête de neige annoncée), et notre timing trop court pour reporter l’ascension. Nous avons du nous contenter de faire le tour de la caldeira, ce qui nous a permis d’admirer le sommet sous tous les angles.

Pour passer la nuit au refuge Altavista, il est indispensable de réserver sur le site web du parc national. Les places sont très limités et en période touristique, il vaut mieux s’y prendre à l’avance.

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Tenerife – Parc naturel du Teno

Le parc naturel du Teno est un situé à la pointe nord ouest de l’île. Comme l’Anaga, sa position face aux vents et à la mer et son altitude entraînent une diversité de paysages importante. On y trouve des vallées verdoyantes, de grandes falaises face à la mer, des plateaux verts où l’ont élève des chèvres, et des secteurs beaucoup plus arides où poussent cactus et plantes grasses.

Au large des falaises de Los Gigantes, il est fréquent de voir des cétacés. Une colonie de dauphins y vit d’ailleurs de façon permanente et des bateaux partent tous les jours de la marina de los Gigantes pour emmener les touristes comme nous les voir de plus près. C’est également l’occasion de s’approcher des falaises par la mer et de piquer une tête dans l’eau clair de l’anse de Masca, accessible uniquement par la mer ou par un sentier très fréquenté.

Lors de notre séjour nous étions basés à Alcala, petit village côtier un peu à l’écart du massif. C’est un endroit agréable pour profiter de la mer, il y a une petite anse assez abritée et peu profonde avec une belle faune marine : gros crabes rouges, oiseaux, pas mal de poissons, parait-il des tortues (mais on ne les a pas vu) le tout sur fond de roche volcanique : top pour le snorkeling ! On y est beaucoup plus tranquille que dans la foule d’allemands/anglais/russes de los Gigantes (la grosse station balnéaire du coin, à fuir…).

Randonnée dans le massif du Teno

Dans ce massif nous avons fait une seule randonnée, sur une petite journée. Nous sommes partis de la vallée d’El Palmar et son volcan en partie effondrée, dans une atmosphère douce et humide. Nous sommes ensuite montés sur le plateau de Teno Alto où est fabriqué le fromage de chèvre, puis nous sommes redescendus jusqu’au phare de Teno dans une ambiance beaucoup plus aride, voir presque apocalyptique sur la fin avec le ciel bouché et la pluie qui commençait à arriver.

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Tenerife – Les villes

La colonisation espagnole de l’île a commencé à la fin du 15e siècle, les Canaries étant une escale importante sur la route des Amériques. Plusieurs villes historiques ont conservé une belle architecture coloniale de cette époque : La Laguna, La Orotava, Garachico… Les batiments anciens mélangent souvent des matériaux locaux comme le bois et la roche volcanique noire, avec des murs peints aux couleurs variées. La capitale Santa Cruz mixe architecture coloniale et moderne avec notamment des oeuvres architecturales de Cesar Menrique, artiste local a la réputation mondiale.

La Laguna

La Laguna est la capitale historique de l’île. Située en altitude pour échapper aux attaques des pirates, sa position est centrale entre les massifs d’Anaga, du Teide et les côtes nord et sud de l’île.

Santa Cruz

Santa Cruz est la capitale actuelle et la ville la plus peuplée de l’île avec 210 000 habitants. Depuis 1927 elle est également co-capitale de l’archipel des Canaries avec la ville de Las Palmas de Gran Canaria, située sur l’île de Gran Canaria. C’est également un port important, on y voit de nombreux cargos et bateaux de croisières. C’est une ville agréable avec des quartiers coloniaux anciens et un front de mer moderne. Malgré sa position sur le littoral, la ville ne dispose pas de plages, ni de réel accès à la mer pour les habitants et touristes. La plage artificielle de las Teresitas a été aménagée dans le village de San Andres, en periphérie de la ville pour permettre aux habitants de profiter de la mer. Malgré le fait qu’elle soit artificielle, c’est une des plus belles plages de l’île, avec son sable jaune importé du Sahara (à quelques centaines de km seulement d’ici), ses palmiers canariens et les montagnes de l’Anaga en arrière plan. En semaine c’est le spot des sportifs locaux : nous y avons croisé pas mal de cyclistes, coureurs et nageurs.

Plus proche du centre ville a été aménagé le parc maritime Cesar Manrique, composé de bassins artificiels alimentés en eau de mer. C’est un bel endroit pour faire trempette, plus dédié à la détente qu’au sport et jeux (en tout cas c’est l’impression qu’on a eu !). On y trouve également l’auditorium de Santa Cruz, dessiné par le fameux Cesar Manrique.

A côté du parc maritime se trouve le Palmetum, jardin botanique dédié aux palmiers construit sur une ancienne décharge. C’est un endroit paradisiaque regroupant entre autres des palmiers du monde entier, et habité par des papillons et oiseaux, notamment des huppes fasciées (l’oiseau de Kirikou).

Le vieux Santa Cruz