Tour du Pays Basque – Les montagnes

Première partie de l’histoire ici.

Après avoir bien profité des douceurs du littoral et des excès de la grande métropole basque, nous décidons de nous mettre au vert et de passer la semaine suivante à explorer les montagnes de l’intérieur. L’objectif est d’arriver à Pampelune le samedi suivant : cette ville connue pour ses férias si bien racontées par Hemingway devrait clore de façon animée cette semaine nature. Après quelques recherches, nous identifions 3 petits massifs qui nous semblent intéressants entre Bilbao et Pampelune : la Sierra Salvada, le massif de Gorbeia et la Sierra de Urbasa.

Sierra Salvada

La sierra Salvada est un plateau formant une frontière naturelle entre le Pays Basque et la Castille. D’après une légende locale, son nom viendrait d’une bataille médiévale entre basques et castillans. Après avoir pris une belle branlée par les basques, les castillans auraient réussi à s’enfuir par ce massif en criant “Salvo Somos” (nous sommes saufs).

La première chose qui nous frappe en arrivant au pied de cette sierra est le changement marquant de climat par rapport au littoral, seulement 30km plus au nord. Il fait chaud et sec, la végétation n’est plus du tout luxuriante. Les seules fleurs que nous voyons sont des crocus des pyrénées, petites fleurs roses emblématiques de la péninsule ibérique qui ont l’air d’apprécier la bouse de vache. Nous atteignons le col d’Aro après une longue et raide montée heureusement ponctuée de nombreuses fontaines. Nous ne croisons personne, à part des bergers en pickup. Ambiance Western, accentuée par le vol des nombreux vautours.

Nous trouvons un refuge dans une clairière déserte. Le silence est troublé uniquement par les cloches des vaches, l’eau d’une source et, plus tard dans la nuit, l’orage et la pluie. Nous sommes le 31 août et l’été est fini. En une nuit, les températures ont baissé de 10 degrés et les arbres sont passés de leur feuillage d’été à leur tenue d’automne.

Gorbeia

Culminant à 1481m au dessus de la mer, Gorbeia est le plus haut mont de Biscaye, la province la plus occidentale du Pays Basque. Il a donné son nom au massif et au parc naturel qui l’entoure. Contrairement à la Sierra Salvada qui fait partie de la chaîne méridionale des montagnes basques, Gorbeia appartient à la chaîne septentrionale. Plus proche de la mer et plus haut, il forme une véritable barrière face aux précipitations venues de l’Atlantique. Par conséquent, la végétation y est plus dense. Les ajoncs et bruyères en fleurs, les forêts de pins et la pluie nous évoquent l’Ecosse.

Partis trop tard d’Amurrio, nous sommes rattrapés par l’orage avant d’avoir pu trouver un abri pour la nuit. Abrités sous un viaduc autoroutier au pied du massif, le temps semble long. Il pleut des cordes, et ça ne semble pas près de s’arrêter. Nous décidons de tenter notre chance avec une chapelle repérée sur la carte à quelques kilomètres, un peu plus haut. En quelques minutes, nos vestes de pluie, plus très étanches, atteignent leur point de saturation et nous sommes trempés alors que nous n’avons même pas encore attaqué la montée, incroyablement raide, qui nous obligera à pousser nos vélos pratiquement tout du long.



Les églises basques ont souvent de très grands porches, très pratiques pour s’abriter de la pluie. Nous montons la tente sous les arcades, sur des dalles de granit patinées par des générations de basques cherchant probablement à s’abriter des éléments pour descendre quelques bières entre amis, comme ceux qui occupaient l’endroit au moment de notre arrivée. Le ciel est bouché, une brume épaisse se forme et la pluie continue de tomber. C’est un 1er Septembre qui se prend pour un soirde Novembre. Les buveurs de bière s’en vont et nous laissent seuls. Le hibou qui niche au dessus de nous ajoute la dernière touche à l’ambiance mystique. Si un fantôme venait nous parler, nous ne serions même pas surpris.

Nous avions envisagé de faire l’ascension du sommet du Gorbeia, mais avec le temps orageux il ne nous semble pas raisonnable de nous balader sur le point le plus exposé de la région. Nous nous contentons donc de pousser nos vélos sur des pistes pentues et humides, au milieu des vaches et chevaux en liberté qui semblent surpris de nous voir là. Alors que j’avais posé mon vélo pour prendre une photo, un jeune poulain accoure vers ma monture, se cabre puis détale : c’est probablement la première fois qu’il voit une bicyclette. Soudain le temps se dégage, il fait à nouveau chaud. La suite de la journée sera une succession de pistes plaisantes à travers les ajoncs et bruyères, les forêts de hêtre puis des routes de campagne. Nous sommes à nouveau surpris par l’orage, encore plus rapidement que la veille. Il est 16h, nous montons la tente dans la forêt au bord de la route. La journée est fini.

Sierra de Urbasa

La transition entre Gorbeia et la sierra de Urbasa nous fait passer dans la province d’Alava. L’influence océanique semble loin de nous et les paysages ressemblent plus à l’intérieur de l’Espagne : champs de blé et tournesols secs, pistes, villages médiévaux posés sur des collines aux bâtiments serrés les uns contre les autres. Après quelques lacets routiers qui nous paraissent bien longs, nous arrivons sur le plateau de la Sierra de Urbasa. Les routes bitumées sont défoncées, les fougères débordent sur la route et les vaches, chevaux et moutons se baladent ici encore en liberté. La nature semble reprendre ses droits. La frontière entre les provinces d’Alava et de Navarre est matérialisée par deux énormes rochers posés sur la route, empêchant totalement le passage pour un véhicule motorisé et nous obligeant à porter nos vélos pour passer. De l’autre côté (en Navarre), les paysages évoluent, le massif est plus peuplé, plus ouvert. On y croise des éleveurs en pickup qui rentrent les brebis, dont le lait sera transformé en un des meilleurs fromages qu’on ait goûté dans la région.

Pampelune, Camino Frances et retour en France

La soirée folle à Pampelune que nous imaginions n’aura pas lieu. Nous arrivons dans la capitale de Navarre fatigués et le retour à la civilisation nous écoeure un peu. A Pampelune comme dans toutes les capitales régionales, les samedis après-midi sont dédiés au culte de la surconsommation. Nous découvrons d’autres excès : les hébergements proposés accessibles à notre budget sont tous des immenses dortoirs dédiés aux “peregrinos”, très chers pour ce qu’ils sont. Nous apprenons par la suite que les prix sont encore plus gonflés pendant la période des fêtes de la San Fermin : 60€ pour un lit en dortoir… Déçus, nous nous rabattons sur un camping à l’écart de la ville, où l’eau bien fraîche de la piscine fera office de cryothérapie low-cost.

Après Pampelune, nous avions prévu de suivre le Camino Frances, la voie “classique” du chemin de Saint-Jacques côté espagnol. Le chemin est principalement constitué de pistes et chemins roulants, qui sur le papier semblent être exactement ce que nous recherchons. Malheureusement, le chemin est bondé de marcheurs venus du monde entier, formant un flux ininterrompus de pèlerins qui nous souhaitent joyeusement un “buen camino” lorsque nous nous arrêtons pour les laisser passer. Nous décidons de finalement nous rabattre sur le bitume. Les discussions des marcheurs nous fatiguent, et à force de devoir nous arrêter nous n’avançons pas. L’écœurement atteint son comble à Roncesvalles, point de départ “officiel” du camino frances. Une rotation ininterrompu de cars amène les pèlerins à l’abbaye où ils passeront la nuit avant d’entamer leur marche. Nous sommes assez surpris de la diversité de profils parmi les marcheurs. Quelques randonneurs aguerris, des “true” pèlerins hirsutes et austères, mais aussi et surtout de nombreux “touristes”, qui pour beaucoup semblent n’avoir jamais fait de randonnée, en témoigne notamment l’extrême saleté des bords de chemin, bien loin de l’éthique “leave no trace” des puristes de la montagne. Le camino frances nous laisse une impression de Disneyland de la randonnée : une véritable industrie touristique très lucrative, bien loin de la quête spirituelle qu’il est sensé représenter. C’est d’ailleurs ce que nous confirment des marcheurs partis de France que nous avons croisés à Pampelune : si en France “l’esprit du chemin” existe encore, il semble avoir totalement disparu en Espagne.

Arrivés à Saint Jean Pied de Port, la lassitude s’installe. La population, à la fois plus dense et plus étalée qu’en Espagne rend les routes plus fréquentées. Les retrouvailles avec les automobilistes français nous laissent nostalgiques de leurs homologues espagnols. Nous décidons de rouler vite jusqu’à la côte, pour profiter de la mer une dernière fois avant le retour à la maison. Nous avons oublié de remplir nos bidons en partant le matin, pensant trouver de l’eau facilement. Un mauvais choix d’itinéraire par une petite route qui ne fait qu’enchaîner les montées et descentes très raides combinées à la chaleur très lourde nous épuise. La déshydratation, une crevaison et l’impression de ne pas avancer entament notre moral, jusqu’à ce qu’un véritable “trail angel” remplisse nos gourdes d’eau bien fraîche. Arrivés sur la côte, déception : malgré la basse saison touristique, les Brice de Nice allemands et hollandais sont toujours aussi nombreux. Nous vidons quelques bouteilles de cidre sur la plage de Lafitenia et profitons de notre dernier bain de mer. La boucle est bouclée, il est temps de rentrer.

Tour du Pays Basque – La côte

Ongi etorri. Bienvenue en Euskal Herria, pays de la langue basque.

Après 8h de train et des correspondances pleines d’adrénaline, nous arrivons à Bayonne avec des fourmis dans les jambes. A peine les vélos remontés sur le quai de la gare et nous voilà partis, direction Saint-Jean-De-Luz. Nous suivons la Vélodyssée, longue piste cyclable longeant la côte Atlantique de Roscoff à Hendaye. La voie est partagée avec les piétons : le dernier dimanche d’août à l’heure du retour des plages, sans grande surprise, c’est une purge. Mais les paysages, bien que très urbanisés, nous donnent un avant-goût plutôt engageant de ce qui nous attends pour les jours à venir. Une pinte de cidre sur la plage de Lafitenia face au soleil couchant nous confirme que maintenant, les vacances peuvent commencer.

En temps normal, une passerelle permet de traverser la Bidasoa entre Hendaye et Irun pour passer la frontière espagnole. Mais le variant Delta est bien installé et les autorités craignent une quatrième vague. Il faudra passer par l’ancien poste frontière, gardé par un seul agent français, complètement débordé face à des migrants d’un jour inquiets. Les règles sont floues, et l’atmosphère tendue nous rappelle que nous vivons encore une situation inhabituelle qui peut dégénérer du jour au lendemain. Nous croisons les doigts. Nous ne le savons pas encore mais heureusement, le pic de la quatrième vague est déjà passé et le second passage de la frontière deux semaines plus tard se fera de façon beaucoup plus détendue. Le contraste entre les deux rives de la Bidasoa est saisissant : au nord, une agglomération touristique très huppée. Au sud, des boutiques de tabac et alcool à bas prix alignés le long de la  frontière et une ville à l’urbanisme peu engageant. Nous traversons Irun rapidement pour arriver au magnifique cap de Higuer, point de départ de trois célèbres itinéraires de randonnées espagnols : la transpyrénéenne (GR11), la route du flysch (GR121) et le Camino del Norte, variante littorale réputée la plus belle et la plus difficile parmi les différents itinéraires du chemins de Saint-Jacques de Compostelle. C’est le chemin que nous suivrons en partie les prochains jours.

Sur le Camino del Norte

Notre première nuit en Espagne au camping du cap de Higuer est épuisante. On a plus l’impression d’être dans un camping de festival qu’au départ du GR11 : plusieurs groupes autour de nous passent la nuit entière totalement ivres à chanter, hurler des “joder”, “maricon” et autres jolis mots. Heureusement que nous sommes arrivés un lundi et pas le weekend. Un peu déçus et très fatigués, nous décidons que nous bivouaquerons au maximum sur la côte pour éviter de réitérer ce genre d’expérience.

La traversée du Jaizkibel efface ce mauvais souvenir. Les petites pistes tranquilles avec vue sur les Pyrénées d’un côté et l’Atlantique de l’autre, c’est ça que nous aimons. Surtout quand au bout d’une longue descente raide nous arrivons sur une crique magnifique, où deux arbres semblent avoir été plantés exprès pour que nous y attachions nos hamacs pour notre première sieste espagnole. Le rythme est déjà pris.

Fin d’après-midi, il faut repartir. Nous embarquons nos vélos sur la barque qui fait la navette entre Pasaia et San Sebastian. Sur la carte, nous avons repéré une colline boisée à proximité de la station balnéaire la plus huppée d’Espagne, résidence d’été de la famille royale. Nous aurions du nous en douter : nous sommes beaucoup trop près de la ville. Il s’agit en fait plutôt d’un parc urbain, entouré de villas cachées derrière de grands portails d’où sortent des voitures très chères. Des coureurs, cyclistes et promeneurs passent devant nous toute la soirée. Nous trouvons un endroit caché sous des arbres et une fois la nuit tombée, nous montons la tente. Premier bivouac du voyage et un des plus improbables. Le deuxième bivouac improbable sera celui d’Orio, le lendemain soir. Après un peu de recherche, nous trouvons finalement un des rares endroits plats et cachés du secteur. L’autoroute ne passe pas très loin, mais tant pis. Mauvaise pioche : à minuit, des gens s’installent à quelques mètres de nous et sortent bouteilles et enceintes bluetooth. Ils ne nous voient pas, mais nous les entendons. Au bout d’un moment, comprenant qu’ils ne sont pas près de partir, nous préférons ranger la tente et décamper. Nous finissons la nuit dans nos hamacs, quelques centaines de mètres plus loin.

Les jours suivant sur la côte, nous roulons finalement beaucoup sur du bitume. Le camino del norte est souvent impraticable avec nos vélos lourds et chargés : beaucoup d’escaliers notamment, que nous sommes obligés de contourner. Mais la conduite très détendue et respectueuse des automobilistes espagnols, la bienveillance des gens que nous croisons et les pauses baignades quotidiennes rendent le voyage très agréable. Les villages et petites villes côtières se succèdent : enfants qui escaladent les bateaux de pêche pour sauter dans l’eau, chantiers navals, conserveries : la mer fait vivre du monde par ici, et pas seulement par le tourisme.

Après Ondarroa, la région devient vraiment rurale. La route côtière, pratiquement vide de voitures, sinue à travers des forêts d’eucalyptus. A Lekeitio on nous prévient : pour aller à Guernika, il ne faut surtout pas suivre la route côtière, beaucoup trop dure ! Mieux vaut rouler sur la route principale, par les terres, ça va plus vite et c’est plus plat. Oui mais nous on veut voir Ea et Elantxobe. On veut se baigner encore une fois, à la plage de Laga. On veut vérifier si la ria de Mundaka est aussi jolie en vrai que sur la carte. Alors tant pis, on y va. On arrive à Ea au petit matin alors que la ville appartient encore aux chats et aux pêcheurs à la ligne. C’est dimanche, les joueurs de pelote s’échauffent et un marchand ambulant déploie son étal de gâteaux basques, miels et confitures de pays pendant qu’une file se forme à l’unique boulangerie. Après avoir fait le plein, nous entamons l’ascension de la fameuse côte qui faisait si peur aux gens de Lekeitio. Nous la gravissons sous les encouragements des riverains matinaux qui descendent au village. Puis nous redescendons à Elantxobe, à Laga et nous remontons la ria de Mundaka jusqu’à Gernika où nous embarquons nos vélos dans un train de banlieue, direction Bilbao.

Bilbao

On nous avait présenté Bilbao comme une ville industrielle en déclin posée au milieu d’un immense bassin minier. Pas très vendeur. La métropole de plus d’un million d’habitants (environ un quart de la population basque) est bien une des plus grandes d’Espagne, mais sa ville centre a su se relancer dans les années 90 suite à la construction du musée Guggenheim. On parle d’ailleurs d’effet Bilbao pour décrire ce phénomène de villes moroses qui réussissent à retrouver une dynamique grâce à un bâtiment prestigieux. Nous n’avons pas visité ce temple de l’art contemporain. Peut-être à tort, mais les sollicitations faites aux passants de faire des dons pour entretenir Puppy, la statue de Jeff Koons, l’un des artistes les plus riches du monde, m’ont écœuré. C’est l’illustration parfaite d’une certaine forme d’art contemporain que je n’apprécie pas. Heureusement en dehors de ce musée, il y a plein de choses à découvrir à Bilbao pour occuper notre journée de repos. En terme de paysage urbain, la ville évoque plus l’Europe du Nord que l’Espagne avec ce fleuve canalisé entouré de tours de verres entre lesquelles passent des péniches chargées de matériaux de construction et autres marchandises. Les quartiers populaires aux vieilles façades décrépies et aux rues animées sont immédiatement juxtaposés à des quartiers modernes où les banques et les hôtels luxueux partagent l’espace avec des malls à l’américaine. Comme en Europe du Nord, on y trouve des food courts et des biergartens. Bilbao, capitale hipster de la péninsule ibérique ? Mais comme nous sommes en Espagne, justement, dans ces food courts on y sert du vin, des pintxos, des tartas de queso et des tommes de brebis de tous âges. Les bars regorgent également d’une offre bon marché et généreuse et nos craintes de ne pas trouver à manger un dimanche soir sont vite dissipées. Notre escapade se transforme en tournée des bars, nous rentrons à l’hôtel tard et bien éméchés. Peut-être pas la meilleure manière d’entamer une étape de repos…

Mon appareil photo étant tombé en panne la veille du départ, toutes les photos de ce voyage on été prises avec un compact argentique ou avec mon téléphone.

Suite de l’histoire ici.

Cap Vert – Tarrafal de Santiago

Santiago est l’île la plus grande et la plus proche des côtes africaines. C’est ici que se trouve la capitale, Praia (qui veut dire plage, plutôt sympa comme nom de ville). De ce que nous avons pu voir, la population est moins métissée qu’à Santo Antao et Sao Vicente, et l’ambiance carrément plus africaine. On s’entasse dans des minibus au milieu des mamans en boubou avec des poules sur les genoux, les gens parlent (très) fort et conduisent (beaucoup trop) vite… ça change de l’ambiance douce et paisible des deux précédentes îles.

Nous avions prévu de passer une semaine à Santiago, mais une annulation de vol nous a contraint à restreindre notre séjour sur cette île. Nous avons donc du nous contenter de 2 jours à Tarrafal, petite station balnéaire du nord de l’île où les touristes européens cuisent sur le sable blanc au milieu des vendeuses de noix de coco et des rastas en slip de bain qui enchaînent les jongles à la brésilienne mieux que Ronaldinho.

La minute historique : le bagne de Tarrafal

A l’époque de la colonisation portugaise (jusque dans les années 70), Tarrafal était tristement connu pour son bagne. L’emplacement avait été choisi pour ses paysages arides sensés déprimer les prisonniers et leur passer l’envie de s’enfuir. Des opposants au régime et des anticolonialistes principalement africains y étaient parqués dans des conditions terribles : aucun accès à l’hygiène, aux soins, alimentation infame et insuffisante, châtiments atroces, chaleur insoutenable sous les toits de tôle… Tout était fait pour que les prisonniers meurent de “mort naturelle”, emportés par les épidémies. Après l’indépendance, le bagne a été recyclé en caserne, puis abandonné et squatté, avant de devenir un musée.

Le village et la plage

A vrai dire Tarrafal est plus une petite ville qu’un village. On y trouve un grand marché couvert, qui vend surtout du textile africain et des bricoles du quotidien. Comme dans toutes les villes que nous avons visité, on trouve également de nombreux commerçants chinois, et des petits supermarchés à l’européenne. Mais le gros atout de Tarrafal d’un point de vue touristique, c’est surtout sa plage de sable blanc abritée des alizés, ses cocotiers et son port de pêche très animée. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que des pêcheurs se sont installés ici : sous l’eau, ça grouille de vie. Nous avons logé à la pensao Sol y Luna, dans une chambre assez basique mais c’était trop chouette de prendre le petit déjeuner sur la terrasse du restaurant au bord de la plage. Le soir nous avons assisté à un concert de batuku, un autre style musical du Cap Vert, moins connu et beaucoup plus rythmé que la morna de Cesaria Evora. En bref, Tarrafal était l’endroit idéal pour terminer de façon plus que décontractée notre voyage.

La route de Tarrafal à Praia

De nombreux minibus relient Praia et Tarrafal. C’est une expérience assez unique : tout le monde s’entasse au milieu des sacs de riz et des poules, et on sert les fesses dans les virages. Nous sommes descendus à Assomada, un peu parce que c’était jour de marché et qu’on voulait voir ça, et aussi beaucoup parce qu’on espérait avoir un chauffeur plus détendu sur la deuxième partie du trajet… Mauvais pari, c’était encore pire !

Le marché d’Assomada est plutôt folko. De ce qu’on a pu voir, on y vend surtout des meubles (en tout cas le jour de notre passage). L’intérêt réside surtout dans les abords du marché, où des petites échoppes servent de la cachupa et de la feijoada (sortes de cassoulet cap verdien). Des bouchers exercent leur métier au bord de la route, où des cochons se font découpés au milieu des passants et des voitures et des poules qui courent dans tous les sens.

Cap Vert – Sao Vicente

Située au nord de l’archipel, Sao Vicente en est l’une des plus petites îles. Son chef-lieu est Mindelo, deuxième ville du pays en nombre d’habitants (environ 70000) et considérée comme sa capitale culturelle. C’est une étape obligatoire pour accéder aux randos magnifiques de Santo Antao. Ce fut également l’occasion d’une escale plage et culture un peu forcée (vol annulé) au milieu de notre voyage. Sans regrets : nous avons pu découvrir d’un peu plus près la vie quotidienne locale.

Mindelo

Mindelo est notamment connue pour être la ville d’origine de Cesaria Evora et pour son carnaval qui attire chaque année de nombreux touristes. Le port de Mindelo est une escale importante dans les croisières transatlantiques. Son immense (et magnifique) baie abritée est la dernière étape avant l’Amérique. On y croise de nombreux marins du monde entier et des bateaux de toutes tailles, de la barque de pêcheur aux cargos. Le centre ville minuscule se découvre facilement à pied, et contient quelques beaux batiments coloniaux dans des états divers. En périphérie, des bâtiments plus récents de toutes les couleurs égaient les rues de leur douces teintes pastel. Le street art est également très présent, ainsi que des fresques à vocation pédagogiques avec des messages principalement environnementaux. On retrouve ces fresques souvent peintes par les enfants des écoles dans toutes les villes et villages où nous sommes passés.

La plage de Laginha est la principale plage de la ville. On y retrouve une ambiance de Copacabana miniature : sportifs, couples, touristes… s’y retrouvent sur le sable blanc et les plus courageux se baignent même dans ses vagues. Le soir, de nombreux bars et restaurants en fond un secteur animé.

La plage de Laginha, en semaine et en “hiver”.

Les marchés de Mindelo

Le marché de Mindelo est également un spectacle permanent. Des femmes taillées comme des lutteurs, coiffées de bandana y portent sur la tête des paniers de fruits et légumes qui paraissent particulièrement lourds. Au marché aux poissons, les pecheurs déchargent directement depuis leurs barques d’énormes thons, mérous de toutes les couleurs et toutes sortes d’autres poissons, qui sont immédiatement découpés au milieu des chiens qui attendent qu’on leur jettent leur part.

Plus loin, le marché couvert se distingue par son calme. Nous y sommes allés plusieurs fois, à des heures différentes, mais sans jamais y trouver l’effervescence que nous imaginions. On y vend notamment des produits transformés : paniers en osiers et matériaux de récupération, confitures de papaye, goyave ou mangue, mel (mélasse de canne à sucre servant notamment à la fabrication du ponche do mel, sorte de rhum arrangé, et aux bolos do mel, biscuits qu’on trouve un peu partout). Enfin la dernière partie du marchée est occupée par des petites boutiques d’artisans et des marchands de tissus et souvenirs venus du continent (Sénégal et Guinée notamment).

A Mindelo nous avons passé 3 nuits au Si Ma Bo Hostel, situé dans un quartier résidentiel entre le centre ville et la plage de Laginha. C’est une auberge de jeunesse tenue par Silvia, une italienne exubérante et très accueillante, dont les bénéfices financent une association de protection des animaux des rues. Le soir où notre vol a été annulé, toutes les chambres étaient occupées. Nous avons été hébergés dans les locaux de l’association où nous avons passé la soirée entourés de chatons beaucoup trop mignons… Merci Si Ma Bo ! Le site web de l’asso : https://simabo.org/

Le reste de l’île

L’île est petite et bien desservie en aluguers (minibus). Pour des raisons d’annulation de vol nous avons du y rester un peu plus longtemps que prévu. Les paysages assez lunaires ne sont pas particulièrement variés : la végétation basse et épineuse est assez rare. Quelques villages et plages bordent la côte et sont surtout réputés pour le surf, le kitesurf et la planche à voile. Nous y étions en novembre, en pleine saison des alizées, et c’est clair que ça souffle !

Nous avons visité le village de Baia das Gatas (baie des gatas, sortes de petits requins innofensifs). Nous espérions y faire du snorkeling, mais les conditions étaient plutôt propice aux sports de glisse ce jour là. L’été ce doit être plus sympa, d’ailleurs c’est à Baia das Gatas qu’à lieu le plus gros festival de musique de l’archipel et apparemment, c’est quelque chose.

Sao Pedro

Nous avons également visité le village de Sao Pedro. Ce village n’était pas mentionné dans notre guide touristique et nous a été conseillé par un volontaire de Si Ma Bo. Sa grande plage est pourtant magnifique, pratiquement déserte à cette période de l’année. De plus, la proximité de l’aéroport permet d’observer des atterissages d’avion tout en se baignant, ce qui est plutôt inhabituel. Des entrepreneurs locaux ont mis en place des tours en barque pour aller voir les tortues de mer. Malheureusement ils pratiquent le feeding (nourrissage d’animaux sauvage pour les appâter), ce qui n’est pas une super pratique… De toute façon pas besoin d’aller loin pour voir des tortues : elles viennent d’elles-même à quelques mètres du rivage. On y observe également des poissons trompettes, mérous et autres espèces de toutes les formes et couleurs qui pulullent dans les coraux. Belle découverte !

Cap Vert – Santo Antao

Santo Antao est l’île la plus au nord de l’archipel. C’est également la plus isolé : son petit aéroport a fermé en 2012 pour des raisons de sécurité et c’est la seule île de l’archipel accessible uniquement par la mer. La traversée depuis Mindelo est d’ailleurs assez épique, la mer étant plutôt formée. Au moment du départ, les employés de la compagnie maritime distribuent des sacs en plastique pour vomir, ce qui mets dans l’ambiance… L’isolement de l’île et son relief particulièrement chaotique rendent l’île un peu moins développée économiquement que le reste de l’archipel. L’agriculture, principalement vivrière, est sa principale ressource. Cette particularité la rend très attractive pour les touristes à la recherche d’authenticité et de paysages naturels spectactulaires, et depuis quelques années l’éco-tourisme et la randonnée s’y développent. Cerise sur le gateau, le grog (nom cap verdien du rhum) de Santo Antao est réputé être le meilleur de l’archipel 😉

Porto Novo

Depuis la fermeture de l’aéroport, l’arrivée à Santo Antao se fait obligatoirement par le port de Porto Novo, plus grande ville de l’île (environ 10000habitants), sur la côte sud. C’est une jolie petite ville aux façades multicolores, et aux barques de pêche abritées du soleil sous les tamariniers. La ville, plutôt calme, s’anime à l’arrivée des ferrys. Les chauffeurs de pickup et minibus se pressent alors à la sortie du bateau pour déposer leurs passagers et en chercher de nouveaux. Des vendeurs de fruits et légumes déploient leurs étals de mangues, noix de coco, papayes et autres. L’effervescence dure quelques dizaines de minutes et une fois tous les voyageurs embarqués dans les pickups et minibus, l’atmosphère retombe, les vendeurs replient leurs étals et disparaissent, et seuls le bruit des vagues, le vent et une musique venant d’une fenêtre ouverte troublent le silence.

Arrivée à Porto Novo depuis le ferry

Tarrafal de Monte Trigo

Nous avions rendez-vous avez un conducteur de pickup pour nous rendre à Tarrafal de Monte Trigo, village mythique de Santo Antao. Tarrafal est situé à l’extrémité ouest de l’île dans une baie protégée du vent par les 1979m du Tope da Coroa, le plus haut sommet local. Ce petit village de quelques centaines d’habitants, pratiquement tous pêcheurs ou agriculteurs, est le dernier endroit habité par des humains avant l’Amérique.

Si Tarrafal est si réputé, c’est justement pour son côté bout du monde. D’autant plus qu’il n’est connecté à la civilisation que par une piste praticable uniquement en 4×4, qui traverse les hauts plateaux de l’île peuplés uniquement de quelques bergers et leurs chèvres qui paissent dans un paysage absolument lunaire. Après 3h sur la plateforme d’un pickup à manger de la poussière dans le froid des hauts plateaux, on est content de trouver la douceur de Tarrafal.

Au premier abord, ce village ne nous a pas du tout séduits. Plutôt le contraire : sa réputation en a fait un lieu de prédilection du tourisme « vert », et les écolodges et restaurants « authentiques » pour riches européens fleurissent le long de la plage. Au début, on se sentait un peu observés par les locaux, mais pas non plus à l’aise avec les autres touristes, plutôt des « vieux riches » venus ici pour se reposer entre eux. Finalement grâce à Rui, homme à tout faire de notre gite qui parlait super bien français et nous a un peu guidés dans le Tarrafal « caché », et David, gérant du club de plongée avec qui nous avons fait un baptême et qui nous a mis en contact avec des pêcheurs pour une sortie en mer, nous avons trouvé nos marques et nous nous sommes finalement sentis super bien dans ce petit village.

La plupart des touristes qui viennent à Tarrafal pratiquent les activités suivantes :

-plongée / snorkeling 

-randonnée entre Tarrafal et le village de Monte Trigo, accessible uniquement à pied par un sentier qui longe la côte (environ 3h30 de marche) et retour par la mer en bateau-taxi

-randonnée entre Tarrafal et le village de Monte Trigo, accessible uniquement à pied par un sentier qui longe la côte (environ 3h30 de marche) et retour par la mer en bateau-taxi

Nous n’avons pas fait la balade de Monte Trigo, mais une autre qui remonte la Ribeira de Tarrafal par un sentier, puis en marchant sur des canalisations… C’est folklo, mais pas trop recommandé pour les personnes sensibles au vertige, ni par temps humide, ni en claquettes…

La route de Corda

La route de Corda est une ancienne route pavée reliant Porto Novo sur la côte sud à Ribeira Grande au nord, en passant par les sommets de l’île. Cette route magnifique passe par pratiquement tous les paysages de l’île : champs de pouzzolane (roche volcanique servant de matériau de construction), cultures en terrasse, forêt de conifères et vallée humide et luxuriante. Depuis la construction de la route cotière, celle de Corda n’est plus empruntée que par les touristes et les quelques habitants des villages des montagnes. La plupart des chauffeurs de pickup font la route en 1h, mais nous avons eu la chance de tomber sur Leny, ancien technicien agricole reconverti qui nous a fait la version touristique avec explication de paysage et arrêts à tous les points de vue.

Santo Antao – Nord

Les villes : Ponta do Sol, Ribeira Grande

Ponta do Sol (la pointe du soleil), est la ville située à l’extrémité nord de l’île. C’est ici qu’atterrissaient les avions avant la fermeture de l’aéroport. Aujourd’hui, c’est une petite ville touristique où des hôtels un peu vieillots cohabitent avec des petites maisons colorées le long d’un port où des barques de pêche multicolores attendent de prendre la mer. Ponta do Sol a un côté assez charmant, à la fois touristique mais sans que cela ne semble trop altérer les relations entre les locaux et les étrangers, et les soirées s’écoulent dans une lenteur de bout du monde, au rythme mélancolique des guitares et cavaquinhos, des verres de ponche bus sur des chaises en plastique devant la maison, à peine perturbées par des coupures d’électricité.

Bien que ce soit l’endroit le plus facile pour trouver un hébergement dans le secteur, ce n’est pas forcément l’idéal ensuite pour randonnée : la plupart des minibus partent de Ribeira Grande, la « grande ville » locale située sur la côte, et remontent ensuite les vallées vers les différents villages. Ribeira Grande n’est pas vraiment touristique, pourtant elle a une atmosphère qui respire l’authenticité et de jolis bâtiments coloniaux. Curiosité locale : le village de Sinagoga, ancienne colonie de juifs du bout du monde.

Randonnées dans la vallée de Paul, ribeira do Figueiral et Fontainhas

Nous avons fait deux randonnées dans le secteur : la randonnée de la vallée de Paul, qui part du cratère embrumé de Cova sur les hauteurs de l’île et descend jusqu’à Pontinha da Janela, terminus des bus. Ce tronçon est magnifique mais malheureusement très touristique : nous n’avons pratiquement jamais été seuls sur le chemin. Nous avons décidé de prolonger la rando en suivant notre instinct et des sentiers qui nous ont mené dans la ribeira do Figueiral, vallée parallèle à celle de Paul, tout aussi verdoyante (canne à sucre, caféiers, ignames, bananiers…) mais tellement moins fréquentée que nous n’y avons croisé que quelques agriculteurs à l’heure du repas des cochons, dont nous avons appris le petit nom créole (tchouk).

La longue descente de la vallée nous ayant bien cassé les pattes, le jour suivant nous nous sommes contentés d’une balade plus tranquille le long des falaises volcaniques de la côte nord, de Ponta do Sol à Formiguinhas en passant par le magnifique village de Fontainhas pour oxygéner nos jambes courbaturés. Roche noire, ocre et rouge, mer bleue, maisons multicolores et quelques touches de vert : c’était court mais on en a quand même pris plein les yeux.

Une balade à vélo en Bretagne

A la base on avait prévu de faire un grand voyage à vélo cette année, mais la période étant un peu particulière, il était difficile de planifier où nous allions passer nos prochaines vacances. La famille étant en Bretagne, c’était l’occasion de passer dire bonjour, et puis ça faisait un moment qu’on n’avait pas passé du temps dans la région. Les escales chez la famille et les amis ont un peu haché les étapes… Sans parler des pauses creperies et des chouettes plages ! Bref, au final on a pas roulé tant que ça, mais c’était cool.

L’itinéraire à vélo

Nous sommes partis de Lorient et nous avons plus ou moins longé la côte jusqu’à Lannion. Puis nous sommes revenus par l’intérieur des terres et la voie verte de Morlaix à Rosporden. En 6 jours de vélo nous avons roulé environ 470km (sans compter les détours), et grimpé 4300m de dénivelé, avec des journées moyennes de 78km et 718m de dénivelé. Nous avons roulé à 25% sur des chemins, et à 75% sur du bitume (principalement des petites routes pratiquement désertes). Et nous avons fait des pauses baignades pratiquement tous les jours 🙂

En dehors de la trace présentée sur la carte ci-dessous, nous avons également passé une journée sans sacoches à nous perdre sur les petites routes et chemins autour de Lannion. Nous n’avons pas enregistré notre trace et serions bien incapable de dire par où nous sommes passés et la distance que nous avons parcourue, mais c’était super chouette.

Ayant choisi notre destination la semaine précédant le départ, nous avions calculé un itinéraire “à l’arrache” sur Komoot à partir des endroits sympas que nous connaissions, de ceux qu’on avait envie de découvrir et des étapes pour visiter la famille. Au final on s’est souvent retrouvés à rouler sur la véloroute littorale, et on a un peu laché notre GPS pour suivre les panneaux et notre instinct.

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La véloroute littorale

La véloroute littorale est un réseau d’itinéraire cyclables qui a pour vocation de faire le tour de la Bretagne par la côte. A l’été 2020, l’itinéraire n’était pas complet, mais les portions réalisées étaient vraiment super : très bien balisées, et surtout itinéraire très sympa par des petites routes et des chemins. Rien à voir avec les autoroutes à vélo parfois monotones comme la Viarhona ou le canal de Nantes à Brest.

Si c’était à refaire, on prévoierait un peu plus de temps et on se contenterait de suivre cette véloroute là où elle existe, en gardant le GPS pour les tronçons pas encore aménagés (mais qui le seront certainement bientôt).

Page de la véloroute littorale sur le site de france vélo tourisme.

La véloroute 7 de Morlaix à Rosporden

Rallier la côte nord et la côte sud en train en Bretagne, qui plus est avec des vélos, peut parfois s’avérer compliqué. Comme il nous restait un peu de temps, nous avons choisi de rentrer à Lorient par la véloroute 7, qui traverse la Bretagne du nord au sud de Morlaix à Concarneau, en passant par la gare de Rosporden où nous avons pris le train pour rentrer. Cette véloroute est une ancienne voie ferrée dont certaines gares ont été aménagées pour servir d’étapes. Comme les voies ferrées, c’est malheureusement très rectiligne, bordé d’arbres qui masquent la vue, et plat. C’était d’une telle monotonie que nous avons parcouru les plus de 100km en une traite alors que nous pensions prendre notre temps sur deux jours.

La seule photo prise sur la véloroute 7

Les étapes incontournables

De Lannion à Morlaix

Les paysages sont tout simplement magnifiques, et en septembre nous avions pratiquement la route pour nous. Cerise sur le gateau : nous avons roulé quelques dizaines de metres en compagnie d’une buse qui volait à quelques mètres seulement de nous, c’était magnifique. C’est aussi la seule étape où nous n’avions pas prévu à pic nic et la seule où nous avons eu un peu de mal à trouver où manger…

De l’usine de galets de Treguennec à la pointe du Raz

L’usine de galets de Treguennec, située dans la baie d’Audierne, a été construite par les nazis pour extraire et concasser des galets qui servirent ensuite à la construction des bunkers du mur de l’Atlantique. Aujourd’hui, c’est un spot de surf et de street art perdu au milieu de nulle part et il s’en dégage une atmosphère vraiment particulière, surtout à cette période de l’année où la saison touristique touche à sa fin et où nous sommes pratiquement seuls.

La route longe ensuite la côte jusqu’à Audierne en enchainant les montées et les descentes avec une vue magnifique. Avec la lumière du soir et le soleil qui se couche petit à petit dans la mer, c’est juste magnifique.

Audierne est un joli port de pêche à l’embouchure d’une ria (estuaire), comme souvent en Bretagne. A partir d’ici, la route traverse le cap Sizun jusqu’à la pointe du Raz, en passant par des petits villages, déserts à cette période de l’année.

La pointe du Raz est un passage réputé parmi les marins pour sa difficulté, avec de nombreux rochers, des courants très forts et des tempêtes qui peuvent être violentes. Lors de notre passage il n’y avait pas le moindre vent (chose rare), et nous avons bien pu profiter de la vue sur l’île de Sein, la presqu’il de Crozon et la baie d’Audierne. On y a même vu des dauphins et une baleine.

Les autres lieux sympa

Quimper, Pont Aven, la côte sud

Morlaix

Lannion et la côte de granit rose